Accueil»Vignerons»Athénaïs de Béru

Athénaïs de Béru

LA FEMME

À LA TÊTE DE L’HISTORIQUE CHATEAU DE BÉRU, DONT ELLE PREND LES RÊNES AVEC SA MÈRE LAURENCE EN 2006, LA JEUNE VIGNERONNE INCARNE AVEC BRIO ET SÉRÉNITÉ LE RENOUVEAU DU CHABLISIEN. SON CHARISME ET SON INSTINCT NE LAISSENT PERSONNE INDIFFÉRENT.

Loin de la vie parisienne que mène à l’époque cette ancienne banquière d’affaire, le monde du vin la rappelle à ses origines chablisiennes en 2005. Le fermier à qui le père d’Athénaïs de Béru louait, faute d’une santé assez solide, les vignes qu’il avait lui-même replanté dans les années 80, décide de partir à la retraite. Elle fait alors le choix de reprendre, avec sa mère, le domaine détenu par la famille depuis plus de 400 ans. La tâche est immense. Et si elle possède une réelle culture du vin, elle ne connaît rien des pratiques viticoles et vigneronnes. Peu importe. La jeune femme est décidée à apprendre. Étapes par étapes. Elle entame une courte formation à Beaune, afin de s’initier aux bases de la viticulture. Puis vient une série de micro-stages chez des vigneron·ne·s à qui elle propose ses services pendant 2 ou 3 jours. Elle apprend ainsi les rudiments du métier par un prisme multiple, ouvert sur les pratiques viticoles biologiques, biodynamiques et “nature”. Lorsqu’Athénaïs en a besoin, elle reçoit l’aide de collègues de la région. Son caractère et son approche séduisent. Ils suscitent autour d’elle un climat singulier de bienveillance et d’entraide. Au point que tout son apprentissage semble s’être déroulé avec cette qualité de partage au centre. Jusque dans les millésimes difficiles comme 2016, où la solidarité, doublée de son sens aigu du rebond, finissent par lui ouvrir d’autres horizons.

Chateau de Béru - Athénaïs de Béru - Viamo
Viamo - Athénais de Béru - Chateau de Béru - Chablis

« Après le phylloxera, mes grands-parents n’ont jamais replanté. C’est mon père qui a replanté. »

LE TERROIR

À 200 KILOMÈTRES AU SUD DE PARIS, LES 15 HECTARES DU CHATEAU DE BÉRU FORMENT UNE VÉRITABLE MOSAÏQUE DE TERROIRS CALCAIRES EN ALTITUDE. CETTE DIVERSITÉ KIMMÉRIDGIENNE CONFÈRE AUX VINS DU DOMAINE UNE COMPLEXITÉ D’EXPRESSION AINSI QU’UNE MINÉRALITÉ REMARQUABLES. UNE PLURALITÉ QU’ATHÉNAÏS DE BÉRU S’APPLIQUE À METTRE EN VALEUR AVEC DES CUVÉES PARCELLAIRES DE HAUTE VOLÉE.

Dès son arrivée au domaine, la jeune vigneronne entreprend de passer le domaine en bio. Exit les herbicides et les engrais de synthèses. Mais elle veut aller plus loin. La certification Demeter en 2010 suit naturellement, d’autant qu’elle s’aperçoit depuis longtemps que les vins qui l’émeuvent sont quasiment toujours le fruit de cultures biodynamiques. Elle se rapproche ainsi des gens qui l’inspirent, dont la plupart sont adeptes de ces pratiques viticoles, et apprend vite des techniques expérimentées par ses pairs. Elle introduit le travail des sols au cheval, favorisant des labours plus légers. Bien décidée à magnifier la géologie de chaque lieu, Athénaïs de Béru assume une approche parcellaire du vignoble. La cuvée « Côte-aux-Prêtres » par exemple, est issue du terroir calcaire éponyme, particulièrement exposé aux vents. Les raisins récoltés y sont souvent concentrés et mûrs, mais pleins d’une tension iodée et d’une énergie propre à la minéralité si particulière du lieu, notamment due à la présence de dépôts d’huîtres fossilisées. Ce sont ainsi cinq parcelles qui sont vinifiées séparément au domaine, dont le célèbre Clos Béru. Les autres étant assemblées dans la non-moins excellente cuvée Terroirs de Béru.

Chateau de Béru - Viamo

« De début juin à septembre, nous n’avons pas eu une goutte d’eau. Pourtant, pas de stress hydrique. Les vignes sont restées belles. Elles sont vertes. »

Chateau de Béru - Athénaïs de Béru - Viamo

LA FAÇON DE FAIRE LE VIN

LE SOIN APPORTÉ AUX VINIFICATIONS DES VINS DU DOMAINE SE RÉVÈLE ÊTRE UNE ATTENTION, UN ACCOMPAGNEMENT DE CHAQUE INSTANT. POUR CHAQUE GESTE. AFIN QUE LES CHABLIS DU CHATEAU DE BÉRU ATTEIGNENT LEUR PLUS PURE EXPRESSION.

Utilisation de levures indigènes, aucun intrant. Des pressurages doux. Entonnage par gravitation. De longs élevages sur lies de deux hivers en foudre, en amphore ou en barrique, effectués au cœur d’une superbe cave voûtée du XIIè siècle. Telle est la méthode de la maison. Attentive à l’évolution de chaque jus, mais très peu interventionniste. Concernant l’utilisation du soufre, aucune règle n’est édictée. Ce qui est sûr, c’est que lorsqu’il est utilisé, il est ici appliqué à dose homéopathique. Sur le millésime 2017, la quasi-totalité des vinifications ont été réalisées sans soufre ajouté. C’est pour Athénaïs de Béru l’aboutissement d’un travail qui démarre à la sortie de l’hiver, pendant la taille, jusqu’à la récolte, manuelle, bien sûr. Ce savoir-faire désormais acquis est solide. Comme semble l’être le lien qui l’unit à Gaëlle, son bras droit. Comme s’est exprimé son plaisir d’apprendre à vinifier d’autres cépages au cours de ce terrible millésime 2016. À cette occasion, elle a pu vérifier une nouvelle fois la fidélité de ses amitiés vigneronnes. Elle découvre ainsi la vinification des carignans de chez Cyril Falh dans le Roussillon ou des grenaches de chez Henri Milan en Provence. Une expérience de plus pour cette vigneronne qui n’en finit pas de se distinguer. 

Chateau de Béru - Viamo

« En 2017, on a fait beaucoup de sans soufre ajouté. On avait de bonnes acidités. On fait des élevages extrêmement longs sur lies. Tout tient à ce que l’on fait dans la vigne. Il faut faire du bout en bout. »

×