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Cédric Chignard

BEAUJOLAIS – Fleurie

L'HOMME

CRÉÉ AU DÉBUT DU 20E SIÈCLE, LE DOMAINE CHIGNARD A VU SE SUCCÉDER QUATRE GÉNÉRATIONS DE VIGNERONS. UN HÉRITAGE POUR CÉDRIC CHIGNARD. CE PASSIONNÉ NE CESSE DE SE NOURRIR DES APPRENTISSAGES DE CEUX QUI L’ONT PRÉCÉDÉ. MAIS AUSSI DE FORGER SES PROPRES CONVICTIONS. AU GRÉ DES SAISONS ET DE SES VOYAGES.

Cédric Chignard a 20 ans quand il commence à s’intéresser à la vigne. Il travaille alors aux côtés de son père, Michel. Il l’observe. Ne sait pas encore qu’il prendra sa suite en 2006. Dix ans plus tard. Tous les jours, il apprend. Il finit par se former à la viticulture. Et comprend très vite que la vigne demande un soin quotidien. Avant de plonger corps et âme dans son vignoble, il décide alors d’effectuer ses deux stages sur d’autres terres. En Alsace et en Australie. Pour apprendre à décoder d’autres terroirs. D’autres cultures. Pour parler la langue du vin et de la nature. De ses aventures, Cédric Chignard revient les convictions chevillées au corps. Il sait désormais que tout se passe dans les vignes. Que les méthodes traditionnelles déjà éprouvées par Michel sont les plus adaptées au potentiel de son fabuleux terroir de Fleurie. Le plus féminin des crus de son appellation. Car si en dégustation il se délecte aussi des blancs d’Alsace, des bourgognes ou des vins du Jura, le cœur de Cédric appartient au plus vieux des vignobles de France. Le Beaujolais. Avec une majuscule bien méritée.

SON TERROIR

SOUS-ESTIMÉ PAR CERTAINS, LE BEAUJOLAIS JOUIT POURTANT DE SUPERBES TERROIRS. SUR FLEURIE, CEUX DU DOMAINE DE CÉDRIC S’ÉTENDENT SUR PRÈS DE 8 HA. 7 SE TROUVENT SUR LE SEUL CLOS DES MORIERS.

Traditionnellement, la région beaujolaise bénéficie d’une forte densité. En moyenne, 10 000 pieds à l’hectare. Les sols étant pauvres et les vignes nombreuses, elles doivent aller puiser profondément de quoi croître. S’épanouir. Et un jour donner de précieux fruits. Juste nourries, elles ne s’épuisent jamais. Un cercle vertueux qui chaque saison continue d’étonner Cédric Chignard. Sur les Moriers justement, le sous-sol est constitué de vieux granites roses à gros cristaux. Les pentes n’y sont pas très fortes. Mais bien drainées. Et comme toujours en Beaujolais, les vignes y sont vieilles. 60 ans en moyenne. Exposées Sud/Sud-Est et tournées vers Moulin-à-Vent, elles profitent ici de la finesse et de la puissance propres à chacune de ces aires d’appellation. Un équilibre subtil pour ces pieds parfois centenaires. Ils donnent au domaine son Fleurie « Les Moriers ». S’y ajoutent les cuvées spéciales nommées depuis 2015 « Les Dix Coupées » ou « Le Cochonnier », deux parcelles identifiées du clos. Et si les rendements sont faibles, ils méritent néanmoins les meilleurs soins. Alors, avec l’aide de sa famille et de ses équipes, Cédric œuvre de façon raisonnée. Toujours. Ensemble, ils travaillent les sols. Taillent les pieds en gobelet pour laisser les vignes aérées et éviter les vendanges en vert. Un travail d’équilibriste qui demande patience et observation. Chaque année, on choisit ainsi le meilleur moment. Ni trop tôt. Ni sous la pluie, pour éviter les plaies de taille. Et quand vient le bon jour, on laisse les sarments au sol pour en faire de l’engrais. Avec Cédric, rien ne se perd.

« Le Clos des Moriers. Terroir exceptionnel.

Tourné vers Moulin-à-Vent. Et le Clos de la Roilette. »

« IL VAUT MIEUX TAILLER EN DÉCEMBRE QUAND IL FAIT BEAU

QU’EN MARS QUAND IL PLEUT. »

SA FAÇON DE FAIRE LE VIN

DE LA VIGNE À LA BOUTEILLE, CÉDRIC CHIGNARD SE FAIT L’INTERPRÈTE DU TERROIR BEAUJOLAIS. IL SUBLIME CE DONT LA NATURE A FAIT DON LA SAISON PRÉCÉDENTE. IL RACONTE UNE HISTOIRE. RÉINVENTÉE À CHAQUE MILLÉSIME.

Au domaine Chignard, point d’égrappage. Sauf si nécessaire. Cédric vinifie en vendanges entières. Et compte sur les petites rafles qui mûrissent bien pour apporter son intérêt aux vins. Sa personnalité. Et parce qu’il estime que c’est la fermentation qui fait l’extraction des tanins, et non la chauffe, le vigneron travaille en cuve de ciment. Pour lui, sans conteste le meilleur choix thermiquement. Ne réserve l’inox que pour les assemblages. La macération semi-carbonique se fait alors à température ambiante et sous surveillance accrue. Les vignes étant bien groupées, elles réagissent toutes de la même façon aux fermentations. Viennent ensuite la macération, les fermentations alcooliques et malolactiques. À chaque étape, Cédric veille à garder des tanins soyeux. Souples. Ronds. La signature du domaine. Les élevages se font ensuite en cuves de ciment, foudres et fûts. Durant 1 an pour les cuvées classiques. 2 pour les spéciales de 2015. Chaque millésime profite d’un traitement particulier de la part de Cédric qui s’attache à ne jamais gommer leurs aspérités. À toujours viser l’équilibre. Afin de préserver de belles différences entre les millésimes et de rendre compte des variations de la nature. Son leitmotiv.

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