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Domaine Arena

LES HOMMES

Parler du domaine Arena, c’est avant tout fouler les terres rayonnantes de Patrimonio, au pied du Cap Corse. C’est rendre hommage à l’intuition et au travail d’un homme, bien sûr. Antoine Arena. C’est aussi une histoire de transmission. D’un héritage désormais incarné par deux frères. Jean-Baptiste et Antoine-Marie.

Au domaine Arena, la famille est reine. Son histoire avec le vin est grande. Initiée par l’arrivée de commerçants génois sur les terres de Patrimonio cinq siècles auparavant, elle n’a cessé de s’enrichir au fil des générations. Jusqu’à ce qu’Antoine, à la suite des événements d’Aléria et contre l’avis de son père, décide d’abandonner ses études de droit à Nice pour devenir vigneron. Ce sera chez lui. En Corse. À Patrimonio, sur les 3 hectares de son père. Nous sommes à la fin des années 70, et Antoine Arena veut prouver la valeur et la qualité des terroirs d’ici et du savoir-faire viticole. Solidement accompagné par sa femme Marie, véritable clé de voûte de la famille, il impressionne par sa force de travail. Par ailleurs, il se révèle peu à peu un vigneron au flair affûté, capable de défricher de grands terroirs corses que personne ne connaît encore. Carco, les Hauts de Carco et Grotte di Sole. La famille Arena est aujourd’hui représentée par deux des trois enfants du couple. D’un côté, Jean-Baptiste, l’aîné, et son épouse Antonia. De l’autre, Antoine-Marie, le cadet, et sa femme Sandra. Présents au domaine depuis le courant des années 2000, ils sont tous deux à la tête de leurs domaines respectifs depuis 2014. Et si chacun des deux frères peut aujourd’hui explorer son métier de vigneron avec sa propre sensibilité, c’est le sens et le respect de la famille – des nombreux savoir-faire en héritage – qui semble ici prendre le pas. Oui, il règne une harmonie enchanteresse unique au cœur de l’appellation Patrimonio. En outre, le sillon creusé par Antoine Arena paraît loin d’y être étranger.

Jean-Baptiste Arena - Patrimonio
Antoine-Marie Arena - Patrimonio
Antoine-Marie Arena - Patrimonio
Jean-Baptiste Arena - Patrimonio

« À Patrimonio, sur 40 vigneron·ne·s , 39 sont en bio. »

LE TERROIR

Au sein de l’endroit le plus étroit de l’île, Patrimonio expose la diversité de ses terroirs – unique en Corse – aux quatre vents. Aux cinq plus exactement. Bercés par le libecciu ou le supranu, les 15 hectares des domaines d’Antoine, “Jean-Ba” et Antoine-Marie reposent sur des sols argilo-calcaires, des sables, des schistes bruns ou encore des galets. Un trésor.

9H15. Magnifié par la lumière du soleil, le Mont Sant’Anghjulu domine toute la diversité de terroirs des trois domaines Arena. Pourtant, des vignes familiales avec lesquelles Antoine a démarré, il ne reste plus grand chose. La conséquence des partages et autres jeux de succession. Seuls subsistent encore quelques ares de niellucciu quasi centenaires dont Antoine-Marie tire la magnifique cuvée Memoria. Ainsi, il a fallu à Antoine Arena planter plusieurs hectares de nielluciu, vermentinu, muscat à petits grains et biancu gentile au fil de sa carrière. Qui plus est sur des terres où, à l’époque, seul le maquis voulait bien s’éterniser. Aussi, plonger dans un verre de Grotte di Sole blanc ou de Biancu Ghjentile issu des sols calcaires des Hauts de Carco, c’est assouvir une soif de beauté particulière. Une dimension supplémentaire. C’est d’ailleurs ce labeur colossal, sur des pentes vertigineuses, qui a permis – entre autres – au domaine Arena de devenir ce qu’il représente aujourd’hui. Un modèle pour toute une génération de jeunes vigneron·ne·s corses. Un exemple de travail à la vigne, réalisé sans aucune chimie depuis toujours. En bio. Si les trois hommes de la famille partagent cette somme de savoir-faire communs, il subsiste ici et là au domaine Arena l’expression de sensibilités différentes. À la marge. Là où « Jean-Ba » opte pour un enherbement naturel par exemple, Antoine-Marie sème de l’herbe sur ses sols. Pour l’essentiel, au contraire, l’entraide et le partage de tous les travaux sont de mise. Et le vent ne semble pas prêt de tourner.

Grotte di Sole - Patrimonio
Grotte di Sole - Patrimonio
Grotte di Sole - Patrimonio

« Antoine-Marie a planté du Carcajhgolu et du Marescone. Pour la cuvée San Giovanni. J’ai planté pour ma part du malvasgia sur schistes. À Morta Maïo. » Jean-Baptiste.

Antoine-Marie Arena - Patrimonio

LA FAÇON DE FAIRE LE VIN

À Patrimonio, les conditions climatiques sont idéales pour faire naître des flacons nature de grande classe. Encore faut-il avoir le talent et l’expérience nécessaires. Libres héritiers du travail précurseur d’Antoine sur les terres corses, Jean-Baptiste et Antoine-Marie révèlent – à leur façon – la quintessence des terroirs d’ici. Avec brio.

Au sein de la famille Arena, il est un credo qui n’a de cesse de les rassembler. La nature. Aussi, tous les trois travaillent d’arrache-pied à la vigne pour produire des raisins à maturité parfaite. Sur Grotte di Sole, Jean-Baptiste va même jusqu’à se passer de bouillie bordelaise depuis cinq ans. Ils vendangent ainsi des baies de grande qualité propre à faire de futurs grands flacons. D’autre part, l’étroit chai familial, à l’intérieur duquel les vinifications des trois domaines se déroulaient jusqu’au millésime 2018, n’abrite plus que les vins d’Antoine et Jean-Baptiste. En effet, la cave qu’Antoine-Marie a pensée et construite durant des années a enfin vu le jour. Mieux, il n’a pas déménagé bien loin. Seulement à quelques dizaines de mètres, de l’autre côté de la route. Cet écrin est déjà habité par la sensibilité vinificatrice du jeune homme, qui élabore notamment un Carco rouge d’envergure, à laisser patienter un peu. Il expérimente ici des élevages qui le distinguent de son père et de son frère. Ainsi, il utilise demi-muids, fûts « cigare » signés Didier Dagueneau et même jarres de 100 litres co-conçues et fabriquées par son ami Julien Truchon. De l’autre côté de la route, Jean-Baptiste Arena préfère la cuve inox afin de préserver un maximum de fraîcheur dans ses vins. Quelques cuves bétons apaisent cependant patiemment l’énergie des niellucciu de la cuvée Grotte di Sole rouge ou des Morta Maio d’Antoine. Mais il est aussi un énième point commun hérité des pratiques paternelles. En cave, le moins est le mieux, et le soufre est bien entendu utilisé à minima, s’il l’est. Il en résulte des vins sublimes de pureté, d’élan et de générosité. À l’image de la famille Arena !

Jean-Baptiste Arena - Patrimonio
Antoine-Marie Arena - Patrimonio
Jean-Baptiste Arena - Patrimonio

« En 2005, on est passé des derniers à vendanger aux premiers. Cela a été un virage au domaine. » Antoine-Marie.

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