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Roger Saumaize

BOURGOGNE – Pouilly-Fuissé

L'HOMME

AUJOURD’HUI RECONNU PARMI LES MEILLEURS PRODUCTEURS DE POUILLY-FUISSÉ, ROGER SAUMAIZE NE DOIT RIEN AU HASARD. SON HISTOIRE EST CELLE D’UN TRAVAILLEUR. INFATIGABLE. D’UN HOMME DONT LE TALENT N’A D’ÉGAL QUE SA MODESTIE. IMMENSE.

Nous sommes en 1972. Roger est adolescent. Il officie déjà sur les 3 ha de la propriété familiale de Léon Saumaize. En cette période, Léon œuvre pour la création de son vignoble alors que l’appellation Saint-Véran vient juste de naître. Il transmet à son fils sa détermination. Le goût de l’effort. Une rigueur qui ne cesse de l’habiter, près de 5 décennies plus tard. Car chaque jour, épaulé par son épouse et son fils, Christine et Vivien, Roger travaille d’arrache-pied. Avec passion. Mais également endurance. Il faut dire que le domaine s’étend désormais sur 10 ha. Ces terres aux riches terroirs, il a fallu apprendre à les décoder. Au fil des rencontres et des expérimentations. Son école ? Le bon sens et l’empirisme. La biodynamie, aussi. Mais toujours sans label. Car Roger Saumaize est un homme libre que rien ne peut enfermer. Qui fonctionne en osmose avec la nature. Une recette qui fonctionne. À 60 ans, le vigneron se retourne parfois pour observer le chemin parcouru. La reconnaissance durement acquise. Et l’aura internationale. Une fierté pour cet homme dont les ancêtres étaient de petits paysans. Et pour lesquels l’horizon se limitait aux frontières du village. Fier, il n’oublie pas pour autant d’aller de l’avant. Et comme son père avant lui, il pense au passage de relais. À son fils Vivien. Sa relève.

LE TERROIR

COMME SI VEILLER SUR 10 HA NE SUFFISAIT PAS, LES TERRES DU DOMAINE DE ROGER SAUMAIZE SONT AUSSI TRÈS DISPERSÉES. 29 PARCELLES. ET AUTANT DE TERROIRS VARIÉS À APPRÉHENDER. UNE CONTRAINTE ? UNE PROMESSE SURTOUT. CELLE D’UNE GAMME AROMATIQUE UNIQUE.

Vergisson est le village le plus au nord de l’appellation Pouilly-Fuissé. Autour de ces terres d’altitude, Roger Saumaize travaille des sols chargés d’histoire. À l’ère du Jurassique, la mer s’y étendait à l’est. Entre volcans et massifs coralliens. Puis un jour, la terre s’est soulevée, élevant les Roches de Vergisson et Solutré, transformant le paysage. C’était il y a 150 millions d’années. Mais la nature bourguignonne reste gorgée de ce passé inédit. C’est ici que la famille Saumaize-Michelin cultive ses ceps. Du chardonnay sur le calcaire. Du gamay sur les sols plus granitiques. Et quand il relève la tête, Roger Saumaize peut apercevoir la Roche de Vergisson. Majestueuse et protectrice. Un emblème régional. Par respect pour ce patrimoine, il manie le sécateur avec précaution. En utilisant la méthode Poussard. Et en s’organisant pour avoir les plaies de taille dans le même sens. Toujours. Le vigneron regrette que, dans une telle région, ce savoir-faire de la taille se raréfie. Au détriment du vignoble qui s’en trouve névrosé… Et qu’il faut replanter. Tandis que la moyenne est à 10 % de remplacement, Roger est à 1 ou 2 %. On appelle cela le rebrochage. Rappelant qu’une vigne sauvage peut normalement vivre 1 000 ans. Et qu’il faut de nombreuses années pour produire suite à une plantation. Alors il fait attention. Et ce soin extrême finit par s’exprimer dans ses bouteilles. Dans le Mâcon rouge Les Bruyères. Plein de caractère. Mais aussi le minéral et cristallin Pouilly-Fuissé Pentacrine. Ou encore le floral Saint-Véran Village.

LA FAÇON DE FAIRE LE VIN

POUR HONORER CHACUN DES CLIMATS DU DOMAINE À SA JUSTE MESURE, ROGER SAUMAIZE EN VINIFIE LES FRUITS SÉPARÉMENT. AVEC ATTENTION ET PRÉCISION. TEL UN ORFÈVRE.

Au domaine Saumaize-Michelin, on vendange à la main. Ni trop tôt. Ni trop tard pour éviter la surmaturation des raisins. Si nécessaire, on passe même plusieurs fois entre les rangs. Laissant ainsi à chaque grappe le temps de mûrir. Cette idée du temps juste s’applique aussi au pressurage. Une étape que Roger Saumaize souhaite volontairement lente, pour ne pas triturer les précieux fruits. Ensuite, la fermentation se fait en barrique et demi-muids à l’aide de levures indigènes. Une étape délicate qui demande une surveillance de tous les instants. 12 mois durant. Mais Roger est attentif. Ses vins sont ensuite élevés sur lies et bâtonnés. Une pratique réservée aux nectars blancs, mais que le vigneron réalise avec parcimonie. Tous les 7 à 10 jours. Lors de séance d’ouillage,
le maintien du niveau des fûts. Juste ce qu’il faut pour protéger ses vins de l’oxydation. Comme chaque cuvée est différente, Roger s’adapte. Son plaisir ? Faire s’exprimer chaque terroir. Millésime après millésime. Et à mesure que passent les saisons, il renouvelle également ses fûts. Tous les 6 ans idéalement. Veille à bien les faire tourner. Pour ne pas trop marquer ses vins par le bois neuf et obtenir des arômes toujours équilibrés. Enfin, quand le moment est venu, le vin est mis en bouteille. Directement sur le domaine. En fonction du calendrier lunaire et
de ce dont chaque vin a besoin. Dans une synchronicité parfaite.

« Faire parler le terroir. Quand j’y arrive, je suis comblé. »

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