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Élian Da Ros

SUD-OUEST – Cocumont

L'HOMME

QUAND IL A 8 ANS, ÉLIAN DA ROS N’A QU’UN SOUHAIT. DEVENIR VIGNERON. DES ANNÉES PLUS TARD, IL EST EXAUCÉ. L’HOMME CULTIVE ALORS SA TECHNIQUE. SON PERFECTIONNISME. LES VINS QU’IL COMPOSE FONT FIGURE DE MODÈLES. SANS JAMAIS ENTACHER SON HUMILITÉ. ÉLIAN RESTE ATTACHÉ À SES TERRES… AUTANT QU’À SES VALEURS.

Laissant derrière eux leur Italie natale, les grands-parents Da Ros s’installent à Cocumont en 1922. Plus tard, la petite commune du Lot-et-Garonne voit naître leur fils, le père d’Élian. Viticulteur de profession, il vend ses raisins à la cave coopérative. Il a toute sa vie recours à des produits phytosanitaires. Jusqu’à en mourir. Élian Da Ros a alors 17 ans. Et tandis que la vie lui retire son père, elle plante en lui une graine. Celle du respect des hommes et des sols. Après des études en viti-œnologie et dans le commerce du vin, Élian travaille auprès de Léonard et Olivier Humbrecht. Une référence en Alsace. Pour lui, une rencontre déterminante. Précurseurs dans le domaine de la biodynamie, les deux hommes contribuent à faire éclore son idée : fonder un domaine et y concevoir des vins sur des sols vivants. Nous sommes en 1997. Un an après, il produit son premier millésime. Une originalité pour cette époque où tous les vignerons des environs envoient leurs raisins à la cave coopérative. Mais Élian est déterminé. Se bat pour soigner ses vignes et les convertir en bio. Une certification qu’il obtient dès 2000. Avant de passer en biodynamie en 2002. Pour autant, ce n’est pas une fin en soi. Ce passionné sait que pour faire de grands vins, il faut aussi avoir les bons cépages sur les bons terroirs. Alors il travaille d’arrache-pied, nourri par des connaissances et une technicité impressionnante. Et pour rester à l’affût des tendances, il goûte de nombreux vins. Ceux de Sandrine Farrugia, son épouse, plus en recherche encore de naturalité, et qu’il aide au quotidien dans son apprentissage. Et ceux des copains, pas toujours bios. Mais Élian n’est pas de ceux qui brandissent des étendards. Alors il respecte leur choix. Partage son expérience avec bienveillance. Pour les mettre en garde. Et peut-être voir fleurir chez eux l’envie de laisser plus de place à la nature.

Elian Da Ros - Sud-Ouest - Côte du Marmandais

« Le bio ne fait pas tout. À la base il faut des beaux terroirs. »

Elian Da Ros - Sud-Ouest - Côte du Marmandais
Elian Da Ros - Sud-Ouest - Côte du Marmandais
Elian Da Ros - Sud-Ouest - Côte du Marmandais

« La marge de progrès est à 90 % à la vigne. Si on veut, on a 10 ans devant nous. »

Elian Da Ros - Sud-Ouest - Côte du Marmandais

LE TERROIR

LORSQUE L’ON PARCOURT LES VIGNOBLES D’ÉLIAN, SURPRISE. ICI, PAS D’OCÉANS DE VIGNES. MAIS UNE ALTERNANCE DE PRÉS. DE VERGERS. DE BOIS. LA DIVERSITÉ Y EST MARQUANTE. TÉMOIN DU PASSÉ DE LA RÉGION QUI A LONGTEMPS PRÉFÉRÉ LA CULTURE CÉRÉALIÈRE ET MARAÎCHÈRE À CELLE DU VIN.

Terroirs argilo-calcaires, argilo-graveleux, argilo-limoneux, marnes grises ou marnes bleues… Sur Cocumont, la palette des sols et des sous-sols est incroyable. Un éclectisme qui appelle celui des cépages. Alors en plus du triptyque bordelais cabernet franc/merlot/cabernet sauvignon, Élian Da Ros cultive aussi le malbec. La syrah. Ou encore l’autochtone abouriou qu’il s’est attaché à faire renaître. Autant de pieds qu’il chérit. Et sur lesquels il veille jour et nuit s’il le faut, entre labour à cheval et traitement biodynamique. Les années difficiles, le vigneron et ses équipes ne lâchent rien. Convaincus que c’est en donnant le maximum que l’on reçoit le meilleur. Ils font alors tout pour préserver au mieux les plantations des aléas climatiques ou des maladies. Appliquent de la valériane pour le gel. De l’achillée millefeuille contre le mildiou. Le cercle est vertueux puisqu’avec le temps le végétal devient aussi plus résistant. Et comme la taille de son vignoble le lui permet, quand une vigne est moins bonne, il l’arrache. La remplace grâce aux plantiers dont il dispose et sur lesquels il veille à ne prendre que des sélections massales. Conservant ainsi peu ou prou la même superficie. Et la maîtrise totale de son art.

Elian Da Ros - Sud-Ouest - Côte du Marmandais
Elian Da Ros - Sud-Ouest - Côte du Marmandais

LA FAÇON DE FAIRE LE VIN

DE LA DIVERSITÉ DE SES TERROIRS ET DE SES CÉPAGES, ÉLIAN DA ROS S’ATTACHE À FAIRE DES VINS ÉQUILIBRÉS. ENTRE GOURMANDISE ET FINESSE. À L’OPPOSÉ DE L’IMAGE QU’ONT SOUVENT LES CONSOMMATEURS DES VINS DU SUD.

Pour produire ses nectars d’exception, Élian Da Ros n’a pas de recette. Mais de l’instinct, oui. Et de la technique, plus encore. Aussi, il égrappe complètement le merlot et le cabernet franc. Laisse les grappes entières pour la syrah et le malbec. De même que pour l’abouriou pour lequel il laisse se faire une macération semi-carbonique. À ce cépage rare et local qu’il magnifie, le vigneron dédie d’ailleurs une cuvée où il ne laisse que 10 % de merlot. Une précision à son image. Tout en subtilité. L’homme œuvre aussi selon la méthode bourguignonne. En cuves ouvertes. Et pour respecter le travail fait à la vigne, chaque jus est ensuite vinifié en douceur. Élevé dans un contenant particulier. Choisi avec attention. Cuvée après cuvée, Élian Da Ros détermine ainsi le fût, demi-muid, amphore ou œuf béton qui recevra le vin. En fonction de sa capacité à interpréter ce que la nature a donné dans les vignes. Et de ce qui s’exprime sur le millésime. Un travail d’orfèvre qui demande au vigneron de penser passé, présent et futur. Mais Élian est incroyable de maîtrise et de sérénité. Les bouteilles qu’il livre sont toujours un plaisir. Contribuant à faire de lui un ambassadeur de la région. Parmi elles, il y son œcuménique « Le vin est une fête ». Assemblé à partir de différents terroirs, dont 30 % achetés à un ami viticulteur, ce jus est rempli d’émotions. Son « Outre rouge », plein de caractère. Ou encore le « Chante Coucou » tout en finesse. Autant de vins de terroirs qui portent la signature du vigneron. Magistrale.

Elian Da Ros - Sud-Ouest - Côte du Marmandais

« Côté rendement, mon point d’équilibre est à 30 hl/ha en moyenne. »

Elian Da Ros - Sud-Ouest - Côte du Marmandais

« Après la formation, tout le monde veut travailler à la cave. Plus personne ne veut aller à la vigne. Alors que si on n’a pas de bons raisins, on ne fait rien. »

Elian Da Ros - Sud-Ouest - Côte du Marmandais
Sandrine Farrugia - Sud-Ouest - Côte du Marmandais
Elian Da Ros - Sud-Ouest - Côte du Marmandais
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