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Guillaume Gros

RHÔNE MÉRIDIONAL – Maubec

L'HOMME

Est-ce contre le soleil de Provence ? Un symbole de son caractère aventurier ? Ou bien pour souligner sa vision à part du métier ? Guillaume Gros a les lunettes de soleil vissées au front. Son allure d’alpiniste en rajoute encore. Au pied du Luberon, ce vigneron explore. Avance. Défriche. Et nous entraîne dans son sillage.

Guillaume Gros ne risque pas d’oublier 2001. C’est l’année de naissance de son fils Antonin. Et l’année de création à Maubec du domaine qui porte son nom. Après une formation en restauration et sommellerie, Guillaume a commencé dans de grandes maisons. En charge des vins. Taillevent. Jules Verne. Guy Savoy. Puis en Alsace à L’Arnsbourg. Souhaitant retrouver plus de liberté, il se fait caviste. On y est presque. Mais ce n’est pas encore sa destinée. André Ostertag va être le révélateur. Le déclic. Quatre mois en Alsace à travailler à la cave. À déguster les vins locaux pour comprendre la diversité des terroirs. Tout cela sous l’œil du coach. Retour sur ses terres à Apt. Pendant deux ans chez V comme Vin. En 2001 donc, Guillaume se lance. Non sans avoir étudié les différents terroirs possibles. Sur les dix approchés, il en travaille cinq. En faisant confiance à son nez. À son palais. En goûtant les raisins. Ce plaisir, Guillaume l’a conservé. Comme sa passion de faire découvrir. Il organise toujours des dégustations pour faire apprécier la qualité de nos terroirs et les subtilités des accords mets vins. Loin de la technique, c’est avant tout le bonheur de transmettre et l’émotion des clients qu’il savoure. Générosité. Sensibilité. Respect incroyable. Ses qualités lui donnent une vision et des convictions très claires sur le devenir du vignoble en général. Et de ses vins en particulier.

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« Si tu veux faire quelque chose de ta vie, il faut être paysan. Il faut être en osmose avec la nature. On ne peut pas faire les mêmes vins tous les ans. »

LE TERROIR

La terre d’ici semble sortir des âges. Dure. Blanche. Cuite par le soleil. Oppède-le-Vieux en a fait son château. Les Papes d’Avignon leur Palais. Elle recouvre jusqu’au dôme de la Maison-Blanche. Elle n’est pas accueillante. Elle est sèche. Elle est fière. Une base solide pour y bâtir un domaine.

Nous sommes au pied du Luberon. Ne vous fiez pas à l’écume verte qui recouvre la roche. Ici c’est la Provence. Souvent le point le plus chaud de France. Longez la montagne d’ouest en est par son flanc nord. Le domaine Guillaume Gros y couvre désormais six communes. Taillades, Robion, Oppède, Oppède-le-Vieux, Maubec. Une trentaine de parcelles.
8,5 ha 75 ares de plantiers. 70 ares au repos. En bâtisseur, Guillaume entreprend le défrichage d’une parcelle. Pour préparer le futur. Les terroirs sont représentatifs des sols méditerranéens. Des alluvions-calcaires en base avec des argilo-calcaires et argilo-marneux. À partir de 2010, les blancs sont nés sur le terroir calcaire du Bouteiller et alluvionneux-gréseux de « Cansaou ». Avec des cépages atypiques. Grenache gris et sauvignon. Histoire de démontrer que le Sud sait faire de grands blancs tout en finesse. Pas juste du rouge. « À contre-courant » résume parfaitement la personnalité du vigneron. Le bio, Guillaume l’a dans les gènes. Dès le début en 2001. La rencontre avec André Ostertag n’y est pas étrangère. Le climat s’y prête aussi ! Certaines années, comme en 2014, l’aridité évite tout traitement. Pas besoin de cuivre. Ou à dose homéopathique.

Depuis cinq ans, le domaine travaille avec des plantes. Grâce à Michel Riouspeyrous du domaine Arretxea. Ortie. Prêle. Camomille. Millepertuis. Algues. Hypericum. La vigne ne s’arrête pas. Traitement à partir de 22 heures. Le calendrier lunaire est très présent dans l’ensemble des travaux à la fois du sol et des vins. Écoulage les jours fruits ou fleurs. « Je ne comprends pas que seuls les bios soient contrôlés. » Et pour rester libre, Guillaume n’a pas envie d’un label. Il revendique donc une conduite du vignoble en « culture réfléchie ».

LA FAÇON DE FAIRE LE VIN

« Il est plus difficile de faire un mauvais vin avec des grands raisins qu’un bon vin avec de mauvais raisins. » On pourrait résumer Guillaume Gros avec cette phrase. Pour lui, tout se passe à la vigne ! Aux chais, il y fait le juste minimum. Car avec une belle matière, il n’y a plus rien à faire !

Tout commence bien sûr au plus près du raisin. Vendanges manuelles en caissettes avec tris à la vigne. Éraflage total. En rouge comme en blanc. En rouge, macération pré-fermentaire à froid quatre jours. Puis fermentations de trois à quatre semaines. Guillaume effectue un doux pigeage à la main chaque jour. Goûte les jus. Chaque jour. Pour maîtriser les extractions. Pour garder l’équilibre. Viennent alors les décuvages. Et la magie du pressoir-voile pour les rouges. Conçu par le maître de maison. Pour ne pas bouger les vins. Le secret des vins de Guillaume tient certainement dans les élevages longs pour les rouges. Quatre ans, pas moins ! En foudres, demi-muids, cuves béton. C’est selon les parcelles et les cépages. Pour les blancs, retour au classique. Un pressoir pneumatique. Pas de levurage ni enzymage. Fermentations de quatre à six semaines. Et les élevages se font en cuve inox sur lies fines pendant 14 mois. Dernière touche d’excellence, les vins sont embouteillés sans collage ni filtration. Le meilleur reste à l’intérieur.

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