L’hiver est là depuis de longues semaines et donne sa pleine mesure sur la majeure partie du vignoble hexagonal. Mais à quoi ressemble vraiment la vie des domaines viticoles au cours de ces quelques mois où la vigne est en dormance, entre les rangs ? Une fois le charme estival des vendanges passé, lorsque la vinification des raisins récoltés est sur les rails, à la cave ? Dans le microcosme des salons et du commerce, loin du domaine ? C’est à ces questions que notre dernier article de blog va se charger de répondre. Afin de mettre des mots et des images sur ce que représente l’hiver du vin. Au plus près des vignerons !
À LA VIGNE.
Loin des regards et de l’image festive des vendanges, l’hiver à la vigne consiste cependant en une somme de travaux indispensables pour la future récolte. Des tâches effectuées plus secrètement, et que le climat rend parfois plus pénibles à réaliser. Dès le mois de novembre, on parle de dormance de la vigne. Un phénomène de protection naturelle du pied face au gel, via la descente de la sève aux racines, préservant ainsi ses besoins les plus essentiels. Le vigneron participe également de cette conservation. Notamment en pratiquant le buttage, qui consiste à recouvrir le ceps de terre avant les premières gelées de décembre. Mais aussi plus globalement en procédant à la replantation, au remplacement des pieds malades ainsi qu’à l’entretien des sols via l’apport de compost et de nutriments. Puis vient le temps consacré à la taille. Un art délicat qui réclame une expérience et une sensibilité particulières. Cette étape, qui vise à autant à couper les bois superflus de l’année précédente qu’à donner les meilleures chances au rendements espérés au prochain millésime, est au cœur des enjeux vignerons de l’hiver. C’est une pratique cruciale qui conduira les vignerons jusqu’au mois de mars, avec l’espoir que les épisodes de gel tardif d’avril ne soient pas de nature à amoindrir les vendanges futures.
“Pour moi, la taille a vraiment été l’entrée dans le monde du vivant.” Lucile Meunier
EN CAVE.
Pendant ce temps, au cœur des chais, les vignerons sont également à l’œuvre pour faire naître les vins issus des précédentes récoltes en cave. Ici, dans l’atmosphère calme et humide qui règne à l’intérieur des chais, les jus continuent patiemment leur transformation, au son des légers glouglous qui s’échappent des barriques encore en fermentation. On observe d’ailleurs souvent différents niveaux dans l’aboutissement de ces dernières. Les blancs terminent généralement la leur au cours de la remontée des températures du printemps, alors que les vins rouges ont déjà “fini leurs sucres” seulement quelques semaines après les vendanges. Les élevages se poursuivent ainsi, au gré des dégustations pratiquées par les vignerons pour suivre l’évolution des futurs vins. En fonction de leurs analyses, ils peuvent opérer un soutirage dans le but de clarifier les jus, ou changer de contenants. En outre, c’est à cette période que sont généralement réalisés les assemblages. Des choix importants qui requièrent un cadre paisible. Aussi, l’hiver est un moment privilégié pour entretenir le chai dans son ensemble, réagencer et repenser cet outil indispensable dans l’élaboration des grands vins d’artisans !
“80% de l’année, le vin se fait à la vigne. En hiver, on passe un peu plus de temps en cave.”Frédéric Bonnard

“C’est important de tisser du lien à l’extérieur du domaine et d’aller à la rencontre de nos clients !”Abel Benmaamar
HORS DU DOMAINE.
Si l’hiver du vin se joue avant toute chose entre les rangs de vignes et à l’intérieur des caves, cette saison est également l’occasion de donner plus de place aux enjeux qui ont cours en dehors du domaine. Là où la présence des vignerons est importante, aussi. Ainsi, l’hiver est souvent la grande saison des salons professionnels. Des lieux au sein desquels se retrouvent les vignerons et leurs confrères, qu’il est bien souvent plus difficile de voir le reste de l’année. Les cavistes, importateurs, restaurateurs qui défendent déjà leurs vins et peuvent ainsi goûter aux derniers millésimes. C’est, en outre, le berceau de rencontres permettant de nouer de nouvelles relations commerciales, un vrai temps à part dans l’année des vignerons ! Une occasion privilégiée pour sortir un peu du domaine, conserver le contact avec l’ensemble du monde du vin et développer toutes sortes de collaborations. Par ailleurs, c’est aussi le moment idéal pour continuer de se développer en tant que vigneron. Au travers de formations dédiées aux nouvelles pratiques de taille ou à l’agro-foresterie par exemple. Au cours d’ateliers et rencontres thématiques organisées par des confrères, des biologistes ou d’autres professionnels du vin. Autant d’occasions pour continuer inlassablement à s’adapter et s’emparer des nombreux défis du vin de demain !
KL