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Vignoble du Muenchberg - Nothalten

Génération Biodynamie

Longtemps considérée comme marginale dans le milieu de la viticulture traditionnelle, la biodynamie est désormais à la mode. Amoureux de flacons vibrants ou aficionados de vins “propres”. Dégustateurs mystiques et paysans pragmatiques. Tous se penchent aujourd’hui sur les flacons biodynamiques. D’où vient-elle et en quoi consiste cette pratique culturale singulière ? Quelles différences faire avec les vins bio ? Éléments de réponse.

La philosophie biodynamique

Issue des travaux du scientifique et penseur autrichien Rudolf Steiner au début du XXème siècle, prolongée par ceux de Maria Thun dans les années 60, la philosophie biodynamique consiste en une agriculture pensée autrement. Respectueuse des cycles naturels. Avec la notion d’équilibre au centre. Dans son ouvrage intitulé « 35 questions sur la biodynamie », le vigneron bourguignon Antoine Lepetit de la Bigne relève un des principaux points de rupture avec l’agriculture dite conventionnelle : “La biodynamie fait l’hypothèse que l’agent pathogène n’est qu’un symptôme (…), car il viendrait s’installer sur un déséquilibre préalabre”. C’est ce dernier point que les pratiques biodynamiques visent à corriger. À la racine. Ainsi, les champignons, insectes, et autres bactéries ne sont pas seulement perçus comme des nuisibles. Mais aussi comme des signes. Des messages qu’il convient d’interpréter au mieux afin de traiter les déséquilbres à la source. Depuis les années 90, des vigneron·ne·s parmi les plus réputés ont mis en lumière les bénéfices de la biodynamie. Chacun à leur manière. Avec leur sensibilité propre. À l’image d’André Ostertag, qui a commencé par appliquer des préceptes dont il ne comprenait pas toujours tout. Avant d’observer pragmatiquement les bénéfices sur sa vigne et son vin.

Une question d’équilibre

Les enseignements biodynamiques forment un socle de qualité de viticulture important. Aussi, le rapport entre la pratique de la biodynamie au sein du vignoble et la classe d’un flacon fait souvent figure d’évidence. Les vins des artisans vigneron·ne·s sont souvent dotés d’un certain éclat et d’un supplément d’âme. Bien sûr, cela ne suffit pas à élaborer un “grand vin”. Le travail est complexe. Mais le lien entre l’énergie d’un lieu et celle contenue à l’intérieur d’une bouteille n’est pas à exclure. Bien au contraire. Au Clos du Jaugueyron par exemple, Stéphanie Destruhaut et Michel Théron racontent qu’ils sont venus à la biodynamie par la dégustation. Chaque vin qu’ils dégustaient qui en était issu possédait une énergie particulière. En outre, Étienne Loew nous racontait récemment les origines de la conversion du domaine familial, au milieu des années 2000. Il a voulu convaincre de façon pragmatique, en expérimentant la conduite d’une moitié de parcelle en biodynamie, avant de comparer l’aspect et l’état sanitaire du sol et des vignes par la suite, en compagnie de son père. Immédiatement convaincu.

« La biodynamie, pour moi, c’est relier le ciel et la terre. » – Sandrine Farrugia –

La biodynamie, mode d’emploi

Bien que désormais largement connue et reconnue, la biodynamie et ses contours peuvent parfois sembler difficiles à délimiter. Les distinctions entre les vins bio, biodynamiques ou nature apparaissent souvent minces aux yeux du grand public. Pour s’y retrouver, s’attarder sur le contenu des labels s’avère déjà utile. Là où le label bio est réglementé au niveau européen et signifie l’interdiction d’utiliser des produits chimiques à la vigne, les labels biodynamiques comme Demeter ou Biodyvin vont plus loin. Ainsi, le cahier des charges de ces deux associations exige le label Bio. Bien sûr. Il implique de surcroît des préparations visant à favoriser la biodiversité et la vie des sols. Les vigneron·ne·s qui y adhèrent s’engagent aussi à conduire leurs vignobles dans le respect des cycles naturels. De la lune notamment. On compte parmi ses ambassadeurs les excellents Château de Béru et Mas Cal Demoura pour ne citer qu’eux. Mais il n’est pas rare de rencontrer des vigneron·ne·s qui choisissent de rester en dehors de ces labels malgré un travail similaire. Comme les superbes domaines Saumaize-Michelin, Arretxea ou Élian Da Ros par exemple.

KL

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