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Elian Da Ros - Sud-Ouest - Côte du Marmandais

UN JOUR AVEC… ÉLIAN DA ROS

Sur les terroirs de Cocumont, au cœur de l’appellation Côtes-du-Marmandais, le vignoble d’Élian Da Ros fait partie de ces endroits dotés d’une énergie particulière. La vigne y est reine. Et l’humain placé au centre. Au sein de cette tribu qui s’active joyeusement au quotidien autour de ce vigneron unique, il fait bon passer du temps. À leurs côtés, la notion de vin d’excellence prend tout son sens. Dans la simplicité et le travail. Nous sommes au début des vendanges 2021, au terme d’une saison particulièrement capricieuse. Au plus près de ces artisans passionnés et talentueux.

LE MATIN

7 heures. Le jour ne s’est pas encore levé. Pourtant, dans la lumière humide du chai, Élian Da Ros et son équipe s’activent déjà. Pendant que « le Boss” programme la journée de travail intense qui s’annonce, Thibault, son bras droit, rince abondamment l’intérieur du pressoir pneumatique afin d’en extraire le reste de moût qui subsiste. Les jus ont été placés dans les cuves afin d’être débourbés “à froid”, comme toujours ici. Cette technique assez répandue permet de démarrer la fermentation alcoolique des blancs sans cette épaisse matière de lies qui a tendance à “marquer” aromatiquement les futurs vins. L’objectif d’Élian est de favoriser l’aspect floral et de ne pas alourdir les jus, qui seront élevés sur lies fines par la suite, avant de devenir la fameuse cuvée Coucou Blanc. Un peu plus loin, Christophe met en place la chaîne de tri afin que tout soit prêt à l’arrivée des premiers raisins de la matinée. En effet, dans le même temps, les vendangeurs s’apprêtent à partir dans les vignes. Le crédo, c’est le premier tri. Un aspect primordial dans l’élaboration de vins d’excellence. Encore plus lorsque la météo de l’année a été plus cruelle que d’habitude. Au domaine, on sait pouvoir s’appuyer sur une équipe de gens du coin habituée aux exigences d’Élian Da Ros et motivée. Parmi eux, Chantal et Jean-Pierre font figures de piliers !

« Il y a toujours une forme d’urgence quand arrivent les vendanges. Mais j’ai la chance de pouvoir m’appuyer sur des gens de confiance » – Élian Da Ros –

L’APRÈS MIDI

Pendant les vendanges, c’est Gigi, la maman de Sandrine Farrugia, qui s’occupe de préparer de délicieux déjeuners. Toute l’équipe du chai se retrouve autour de la grande table, sur la terrasse. Ainsi, tout le monde se retrouve après une matinée de travail harassante. La pause est généralement de courte durée mais les bouteilles de vins des vignerons amis s’enchaînent, souvent à l’aveugle. Pratique qui suscite généralement beaucoup d’échanges savoureux, notamment entre Élian et “Les Belges”. Ils sont en effet quelques-uns à venir prêter main forte et bonne humeur chaque année, ici, à Cocumont. Parmi eux, le tout premier client d’Élian Da Ros, passionné de vin devenu grand ami de la famille et rencontré en 1997 ! Autre fidèle parmi les fidèles qui compte au sein de cette tablée, Teo Riouspeyrous. Resté trois ans ici avant de rejoindre le domaine familial, il parvient généralement à dégager trois jours entre deux préparatifs au Domaine Arretxea. Une fois le café – sacré – servi, il est temps de reprendre le chemin du chai ou Yumi, fidèle amie japonaise du domaine, s’active déjà depuis une demi-heure. Elle a même trouvé le temps de faire un peu d’étiquetage afin d’expédier une commande tombée la veille à temps. Bastien, en stage de BTS Viti-Œno, est occupé à remettre la chaîne de tri en marche. Et pour cause, de nouveaux raisins, en caisses nombreuses empilées sur d’imposantes palettes, attendent d’être encuvés. Le ronronnement continu de ce processus indispensable rythmera toute la deuxième partie de la journée, jusque tard le soir.

« Ce que j’aime dans les vendanges, c’est le “rush”, même si ce sont des périodes extrêmement intenses » – Thibault Mensac –

Elian Da Ros - Sud-Ouest - Côte du Marmandais
Elian Da Ros - Sud-Ouest - Côtes du Marmandais

SOIRÉE DE VENDANGES

La chaîne de tri tourne en continu depuis le milieu de l’après-midi. Sandrine, en bout de table, contrôle cette étape avec minutie. Les raisins sont égrappés, triés, puis encuvés par Thibault à l’aide d’un élévateur. Aussi, cette superbe matière première est acheminée par gravité, presque intacte, à l’intérieur des cuves alignées tout le long de cette partie du chai. Recouvrant totalement ces monstres de béton, une fresque réalisée par le plus grand fils d’Élian. “Questions de vibrations”, dirait l’intéressé ! Parfois, au cours de ces longues soirées de vendanges, quelques amis passionnés viennent trier les raisins avec le reste de l’équipe. Laver quelques caisses. Ces journées de travail se terminent souvent par un casse-croûte tardif. On monte la table alsacienne et ses grands bancs en bois. Charcuteries, fromages, tarte à la délicieuse tomate de Marmande. Alors que certains s’affairent à terminer de nettoyer à l’eau toutes les machines pour qu’elles soient prêtes le lendemain matin, Élian et Sandrine échangent au sujet de la journée de travail à venir. De la tenue des premières fermentations, étape cruciale pour la santé des futurs vins. En outre, des courses à faire afin d’assurer les prochains repas. C’est ainsi que vont chaque année ces trois semaines et demi de vendanges chez Sandrine Farrugia et Élian Da Ros. Dans l’effervescence et les prémices du millésime qui s’annonce. Ce travail immense à réaliser avant que vous ne vous délectiez des premières gouttes de vin. Mais pour l’heure, au terme de cette journée passée avec “Le Boss”, l’heure est à remonter l’allée de gravettes pour rejoindre la grande maison. Dormir, un peu. Et revenir demain matin !

« Dans les premiers instants du vin, les choix à faire sont très nombreux. Beaucoup se joue là, à ce moment crucial. » – Sandrine Farrugia –

KL

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